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LA MOTIVATION AU TRAVAIL
TOUR D'HORIZON DES GRANDES THEORIES
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Définitions
Étymologiquement, le terme de " motivation " est
à l'origine un vocable anglo-saxon et en a conservé
le sens original, c'est-à-dire que ce terme recouvre
un ensemble de facteurs jouant un rôle primordial
dans la vie de l'homme au travail.
La définition de la motivation par le grand dictionnaire
de la psychologie est la suivante :
" Processus physiologiques et psychologiques responsables
du déclenchement, de l'entretien et de la cessation
d'un comportement ainsi que de la valeur appétitive
ou aversive conférée aux éléments
du milieu sur lesquels s'exercent le comportement ".
La motivation est un processus psychophysiologique car
elle dépend des activités du système
nerveux et des activités cognitives. Du point de
vue neurophysiologique, la motivation est une variable qui
rend compte des fluctuations du niveau d'activation, c'est-à-dire
du niveau d'éveil ou de vigilance d'une personne.
Du point de vue psychologique, la motivation correspond
aux forces qui entraînent des comportements orientés
vers un objectif, forces qui permettent de maintenir ces
comportements jusqu'à ce que l'objectif soit atteint.
En ce sens, la motivation procure l'énergie nécessaire
à une personne pour agir dans son milieu.
La motivation confère trois caractéristiques
à toute conduite : la force, la direction et la persistance.
En effet, toute conduite est orientée vers un but
(direction) auquel la personne attribue une certaine valeur.
Cette dernière dépend à la fois de
la vitalité du besoin (pris au sens large) dont elle
est issue et de la valeur sociale à laquelle l'objectif
du comportement est associé. L'intensité (la
force) et la persistance de l'action dénotent la
valeur qu'attribue la personne à l'objectif qu'elle
poursuit ou, mieux, l'intérêt que représente
la finalité du comportement pour la personne.
Francès1 propose une définition
plus mathématique. La force de la motivation au travail
(m) serait la somme des résultats attendus, dans
un emploi (A), multipliée par la valence (V). A correspond
aux attentes de l'emploi et V étant la désirabilité,
l'importance, la valence plus ou moins grande des attentes.
En fait, trois éléments de base ressortent
de l'ensemble des définitions :
· une définition de la motivation doit inclure
ce qui " aiguillonne ou incite une personne à agir
",
· la motivation doit être décrite comme
un processus (c'est-à-dire, dynamique) où
l'on retrouve des concepts comme le choix, la direction
et l'objectif du comportement,
· enfin, JONES2 (1955) suggère que
la définition de la motivation doit tenir compte
de " la façon dont le comportement est déclenché,
soutenu, interrompu et de la sorte de réaction subjective
qui est présente dans l'organisation alors que tout
ce processus est en marche ".
L'évolution des motivations
au travail au fil des époques
En ce qui concerne l'évolution des motivations elles-mêmes,
J. ELLUL3 a montré que le contenu des
motivations a fortement varié au cours de l'histoire,
et ceci est moins expliqué par les conditions de
vie que par les croyances concernant la vie et les relations
sociales, d'après les idéologies instaurant
telle ou telle référence à un champ
de valeurs propres à chaque époque. Citons
ici quelques références de valeurs caractéristiques
de différentes époques :
· Dans l'antiquité, le travail est réservé
aux esclaves, l'idéal de vie des hommes libres, riches
ou non, est le " non-travail " (nec otium).
· Au Moyen - Âge, s'établissent 3 attributs
de valeurs porteurs chacun d'une aspiration ancrée
dans la religion chrétienne ou l'héritage
biblique : le travail est une nécessité expiatoire
plutôt qu'un devoir,
· à partir du Xe siècle, en plus, le
travail a une valeur salvatrice,
· le bas Moyen Âge (avant la réforme)
voit apparaître une réhabilitation du travail
dans l'idée de choisir une vocation de travail particularisée
pour se conformer aux " dons " que l'on a reçus et
de les faire fructifier.
Le contenu des motivations a donc évolué
considérablement au fil des époques.
Historique des théories de la
motivation
Ce n'est que dans les années 1920 - 1930 que les
chercheurs et les gestionnaires se sont demandés
ce que le terme motivation signifiait réellement.
Depuis les années soixante, les études portant
sur la motivation se sont multipliées. Il est à
préciser que LEWIN4 fut l'un des premiers
chercheurs à traiter le sujet avec une certaine rigueur
scientifique. Selon lui, il faut conjuguer la motivation
et les habiletés pour déterminer le niveau
de rendement. Or cette définition s'est vite révélée
incomplète, d'où la naissance d'une foule
d'autres définitions.
Au cours de l'histoire de ces théories, il est possible
de dégager 3 phases significatives :
1. La phase Taylorienne (XIXe).
2. La phase des relations humaines (1930).
3. A partir des années 1950 jusqu'à nos jours
, de très nombreuses théories appartenant
à différents courants.
1°) LA PHASE TAYLORIENNE
La première période de l'ère industrielle
en fin du XIXe siècle offre l'exemple d'une conception
unidimensionnelle de l'homme.
En échange de sa force physique, l'ouvrier va recevoir
un salaire proportionnel à son rendement. C'est l'"
homo economicus ", qui est pris en compte par une organisation
scientifique du travail. " C'est l'utilisation maximale
de l'outillage, la spécialisation stricte et la suppression
des gestes inutiles. "
Les États-Unis offrirent alors un milieu propice
à l'ascension par l'argent pour les nouveaux émigrants
qui affluaient. Le salaire est à cette époque
un moteur déterminant.
En France, ce sont d'anciens paysans qui deviennent des
ouvriers. Dans le département de la Loire, ces ouvriers
conservent un pied à la campagne et un autre pied
dans l'atelier. L'atelier des raccords de l'Ondaine (près
de Saint-Étienne) offrait, il y a à peine
deux ou trois décennies, le visage caricatural de
ce travail au rendement.
Une organisation de l'entreprise découle de cette
" école classique " : le travail est découpé
en unités élémentaires au sein de postes
de travail, il suscite un travail à la chaîne.
Les fonctions de conception, de planification, d'exécution
et de contrôle sont séparées et reparties
au sein d'une hiérarchie verticale avec une tête
qui pense et un corps qui exécute. Une centralisation
des responsabilités entraîne un contrôle
strict assuré par les responsables hiérarchiques.
Chaque travailleur est prédisposé pour un
poste donné ; il conviendra de trouver le bon poste
pour la bonne personne. c'est le " one best way ".
Cette organisation et cette conception de l'homme au travail
permirent un bond en avant considérable pour l'économie
des pays concernés. Ford sut tirer partie de cette
logique pour multiplier et rendre populaire son produit:
l'automobile. Cependant, poussé à l'extrême,
ce système devient contre-performant.
Georges Friedmann5, sociologue français,
va nourrir cette réflexion avec un livre au titre
percutant: " Le travail en miettes ".
2°) LA PHASE DES RELATIONS HUMAINES
L'expérience de référence est l'enquête
menée à Hawthorne (près de Chicago)
par Elton Mayo6 et son équipe à
la Western Electric de 1928 à 1932. Elle fut conduite
dans une unité de fabrication de téléphones.
Elton Mayo recherchait la corrélation existant entre
des conditions physiques (l'éclairage, le bruit,
la chaleur) et le rendement des ouvriers. Une salle d'observation
de montage de relais fut aménagée à
l'écart de l'atelier. Un observateur remplaçait
le chef traditionnel. II modifiait l'éclairage, les
pauses, les horaires. Le résultat surprit fortement
les intervenants: que ce soit le sens de variation des facteurs,
la production augmentait même après le retour
aux horaires initiaux, les ouvrières maintenaient
un rendement élevé. Une voie nouvelle était
découverte la constitution des ouvrières en
tant que groupe avec un bon niveau d'entraide, une plus
grande liberté; " nous n'avons plus de chef ", s'exclama
l'une d'elles. Un nouveau climat s'était instauré.
Un second aspect de cette enquête résida dans
la création d'une salle de câblage avec trois
soudeurs. neuf câbleurs et deux inspecteurs. Un spectateur
désintéressé recueillit un ensemble
de faits durant l'expérimentation. Un salaire au
rendement était établi selon la logique taylorienne.
Il apparut très vite que ce système de rémunération
ne provoquait pas les conséquences attendues : les
ouvriers arrêtaient leur travail dès qu'ils
avaient atteint leur quota, même s'il leur restait
du temps pour terminer leur journée.
De même, d'une semaine a l'autre, la production hebdomadaire
restait constante. Une norme de groupe était ainsi
mise en relief. C'est le phénomène de freinage
qui donne lieu à un double contrôle social:
o un contrôle interne des câbleurs par des
pressions de toute sorte (moqueries, houspillages);
o un contrôle externe pour offrir le moins de prise
et de justification aux ingérences des ingénieurs,
des techniciens et des organisateurs et prévenir
les risques de changement.
Les deux rapporteurs de l'enquête, FJ Roethlisberger
et W.J. Dickson (Management and the worker - Harvard University
- 1939) tirèrent les conclusions suivantes:
- les comportements et les sentiments des travailleurs
ne se comprennent qu'à partir de l'ensemble des relations
qu'ils entretiennent avec les différents groupes.
L'entreprise est un système social;
- des groupes informels, avec des normes et des codes,
se constituent en parallèle à l'organisation
formelle officielle. Ils permettent de se défendre
contre les changements issus des logiques spécialisées
de coût ou d'efficacité des techniciens;
- les aspects sociaux et humains ne sont pas perçus,
en particulier lors de l'introduction de changements; les
répercussions sur les statuts et les situations relatives
doivent être prises en compte.
La mise en évidence des groupes informels et du
" facteur humain " correspond à une seconde strate
des motivations, celle du besoin social de relations et
d'intégrations dans un " groupe primaire ", une cellule
de base. Un nouveau facteur de la motivation apparaît:
celui de la dynamique du groupe de travail. Au sein d'une
équipe soudée, la motivation individuelle
va être soutenue et amplifiée par un esprit
commun qui vise un but attractif.
Cette découverte du besoin social d'intégration
dans un groupe de travail élémentaire va susciter
de multiples développements. Un premier courant va
adopter la belle formule " small is beautiful " réhabilitée
récemment par l'organisation en mosaïque : des
équipes très cohésives sont reliées
à un axe fédérateur.
Un second courant se concrétisera par la formation
humaine des cadres et agents de maîtrise. Devenu "
psychologue conseiller ", l'agent d'encadrement doit adopter
le style démocratique d'animateur d'une équipe.
Cette école des relations humaines va aboutir à
l'utopie de la coopération amicale et au dogmatisme
sans pendre en compte les phénomènes liés
à l'organisation,
Cette outrance appelle une nouvelle réflexion qui
éclaire le besoin relationnel dans une perspective
plus large c'est-à-dire au sein d'une structure donnée.
3°) A PARTIR DES ANNEES 50 : DE NOMBREUX MODELES
THEORIQUES
|
Théories
|
Définition de la motivation
selon ce modèle
|
Principaux auteurs
|
État de la recherche et
applications pratiques
|
| Théories des besoins |
La motivation résulte de la présence
de dispositions stables chez la personne. En général,
ce type de théories considère qu'une
tension psychique interne est à l'origine du
déclenchement du comportement. Le besoin produit
un état de déséquilibre, et le
comportement vise à rétablir l'équilibre.
|
MASLOW, 1954
McCLELLAND, 1961
ATKINSON, 1964
ALDERFER, 1969
SCHEIN, 1975 |
En général, ces théories
n'ont pas engendré beaucoup de recherches empiriques
à cause de la difficulté de définir
opérationnellement le besoin et d'en prédire
les effets. Ces pratiques sont surtout appliquées
en réaménagement du travail. |
| Théories de l'attribution |
La motivation résulte de la compréhension
naïve que l'individu se fait de la réalité
qui l'entoure, des raisons qui expliquent, à
son avis, les événements qui surviennent
ou les comportements (instrumentalité) qu'il
considère comme désirables (valence).
|
HEIDER, 1960
ROTTER, 1966
WEINER, 1986 |
|
| Théorie de l'équité
|
Théorie de l'échange qui considère
que la motivation résulte d'une recherche d'équité
entre la contribution de l'individu et ce qu'il en
retire, compte tenu de ce qu'il perçoit être
la ration contribution - rétribution de son
groupe de référence. La perception d'iniquité
serait à la source d'attitudes aversives et
de comportements d'ajustement adoptés au travail.
|
ADAMS, 1963, 1965 |
Plus récemment, la recherche s'est surtout
intéressée à diverses composantes
de l'équité, notamment la justice procédurales
et la justice distributive (Greenberg, 1987). En général,
cette théorie semble prédire adéquatement
le comportement dans les cas de sous-distribution
(Mowday, 1979) |
| Théories des attentes |
La motivation résulte de la perception
qu'a un individu que ses efforts vont entraîner
un résultat, que ce résultat va se traduire
par des conséquences (instrumentalité)
qu'il considère comme désirables (valence).
|
VROOM, 1964
PORTER &LAWLER, 1968
LAWLER, 1973 |
|
| Théories de l'aménagement du
travail
|
La motivation est liée à la présence
de certaines caractéristiques particulières
dans le travail. Ces caractéristiques contribuent
à l'émergence de certains états
psychologiques chez l'individu, états qui ont
pour conséquence d'influer sur la motivation
et le rendement. |
HERZBERG, 1966
HACKMAN &OLDHAM, 1976, 1980 |
D'autres recherches ont montré un lien
très clair entre la présence de certaines
caractéristiques et la satisfaction au travail
(Kiggundu, 1983 ; Loher &Co, 1985 ; Stone, 1986).
Les résultats sont plutôt inconsistants
en ce qui concerne le rendement au travail. L'insatisfaction
est en particulier liée au roulement du personnel
(Mobley, 1982). |
| Théorie de l'activation |
La motivation est liée à la stimulation
de l'attention. Cette dernière est optimale
lorsque la tâche est moyennement difficile,
c'est-à-dire lorsque le rapport entre la probabilité
de succès (PS) et la valeur du succès
escompté (1-PS) est le plus élevé.
|
SCOTT, 1966
GARDNER, 1986 |
Modèle peu développé ayant
surtout permis d'explorer les conditions optimales
de stimulation, particulièrement au regard
de la variété des tâches.
|
| Théories des objectifs |
Le comportement est intentionnel. La stimulation
à agir dans un sens donné résulte
d'abord de l'existence d'un objectif à poursuivre.
La motivation et surtout la performance vont être
influencées par la nature des objectifs (clarté,
niveau de difficulté, spécificité),
la valeur du but pour la personne (niveau d'attraction,
niveau d'engagement), la façon suivant laquelle
elles sont déterminées (assignation,
participation) et l'effet de la progression vers l'atteinte
de l'objectif (feed-back). |
LOCKE, 1968
LOCKE & LATHAM, 1990 |
La gestion par objectifs (Drucker, 1954) est considéré
comme une application importante de ce modèle,
même si elle a été élaborée
avant le modèle théorique. Selon la
boucle de rendement supérieur (Locke et Latham,
1990), d'un objectif significatif et stimulant, résulte
une performance en fonction des habiletés et
de l'engagement de la personne envers cet objectif,
de son sentiment de compétence personnelle,
de ses attentes, de la complexité de la tâche
à accomplir et du feed-back que la personne
reçoit de sa performance. |
| Théories béhavioristes |
Le comportement est le résultat de sa conséquence.
La motivation est un apprentissage associatif résultant
de l'apparition d'une conséquence positive
à la suite d'un comportement donné.
L'absence de renforcement ou un renforcement négatif
(punition) devrait conduire à la cessation
ou à l'évitement du comportement. |
SKINNER, 1974 |
Ces théories s'intéressent essentiellement
à la distribution des renforcements (programmes
de renforcement) |
| Théorie de la modification du comportement
organisationnel |
Le comportement organisationnel est essentiellement
le résultat des contingences de renforcement
structurées par l'organisation et la supervision.
|
LUTHANS & KREITNER, 1975 |
|
| Théorie de l'apprentissage social
|
La motivation s'explique par des schémas,
c'est-à-dire les représentations cognitives
développées par la personne pour comprendre
son environnement et guider son action. Certains courants
théoriques se préoccupent, entre autres,
de la façon suivant laquelle l'individu décode
et traite les indices sociaux et cognitifs qu'il reçoit
pour interpréter la réalité.
|
BANDURA, 1977, 1991
DECI, 1975
DECI & RYAN, 1985
NAYLOR & CO, 1980
NEISSER, 1976
NUTTIN, 1980
FESTINGER, 1957 |
|
| Théories de la perception de soi
|
La motivation résulte de la confiance qu'a
un individu concernant sa capacité d'accomplir
ce qu'on attend de lui. Diverses variables comme le
sentiment d'efficacité personnelle, l'estime
de soi ou le type de contrôle personnel ont
des répercussions sur l'image de soi que se
fait la personne. |
BANDURA, 1977
ABRAMSON & CO 1978 |
Diverses études portant sur le concept
de résignation acquise ont tenté d'évaluer
les effets d'une soumission à des contraintes
jugées insurmontables. |
| Théorie de la motivation sociale
|
La motivation est influencée en bonne partie
par le groupe de référence. Comme la
dynamique des groupes entraîne l'émergence
de normes sociales et d'une cohésion de groupe,
les pressions vers la conformité ou l'imitation
sociale auront un effet important sur la structure
du comportement individuel. |
FERRIS & CO, 1978 |
Lié à ce type de théorie,
le modèle des systèmes sociotechniques
considère que la motivation résulte
de l'harmonisation des variables personnelles, sociales
et technologiques. |
| Théories des attitudes et des valeurs
|
La motivation résulte de la présence
de dispositions acquises mais relativement stables
chez la personne. |
MINER, 1979 |
La recherche sur les valeurs de travail a donné
naissance à un courant de recherche sur la
signification du travail. |
| Théories des contraintes situationnelles
|
La motivation est influencée par des contraintes
situationnelles, c'est-à-dire par des conditions
qui facilitent ou restreignent l'habileté individuelle
ou la possibilité d'atteindre un résultat.
|
PETERS & O'CONNOR, 1980
PETERS & CO, 1985 |
|
| Théories du contrôle |
La motivation est un processus d'autorégulation
à caractère cybernétique suivant
lequel l'individu compare constamment les objectifs
poursuivis aux résultats obtenus, et ainsi
ajuste en conséquence tant sa perception que
son action afin de réduire les désaccords
observés. |
KANFER, 1990
CARVER & SCHEIER, 1981
KLEIN, 1989
HYLAND, 1988 |
|
Ce tableau est inspiré de celui proposé par
Estelle Morin dans " Psychologies au travail ".
Concepts actuels de la motivation
" Pour gagner en productivité, l'entreprise rationalise,
organise, parcellise, standardise les modes opératoires,
proposant à des personnes, de goûts différents,
d'aptitudes différentes, un modèle unique
de conduite et de comportement. Ce personnel est dans bien
des cas payé en fonction des quantités produites
[...]. Privé de la possibilité de s'exprimer
dans son travail, pressé d'aller vite, chaque exécutant
est moins motivé [...]. " a dit Jardillier7.
On comprend aisément alors que la notion de motivation
a une importance considérable et que sa compréhension
complète permettrait un atout majeur pour le fonctionnement
des entreprises.
La motivation au travail est liée à la satisfaction
de la concordance entre ce que le sujet attend du travail
et ce que le travail est susceptible de lui apporter. La
motivation au travail, c'est donc le goût que le sujet
a de le faire, la mesure dans laquelle il s'y implique,
la persévérance, la continuité de l'effort
qu'il consent.
La motivation résultant de la satisfaction, il est
important de préciser certains critères qui
la constitue :
· le travail lui-même,
· le niveau économique qu'il procure,
· Les relations dans lequel il baigne.
Le fonctionnement motivationnel humain repose autant sur
l'équilibre et la satisfaction de la tension que
sur la recherche de tensions nouvelles, donc sur une certaine
forme de déséquilibre ; par exemple, dès
qu'un projet (cognitif ou social) est réalisé,
le sujet humain élabore souvent un autre projet d'action,
qu'il essaye de mener à bien et ainsi de suite. On
peut affirmer que le renforcement de ces activités
cognitives ou sociales réside dans leur propre réalisation
et non dans un objet extérieur.
Christine Cloarec.
1. Francès, " Motivation et efficience
au travail ".
2. Jones cité par Maillet dans "
Psychologie et organisation ".
3. Ellul cité par Morin dans " Psychologies
au travail ".
4. Lewin, " Psychologie dynamique, les
relations humaines ".
5. Friedmann dont le livre " Le travail
en miettres " fut analysé par Porcher.
6. Mayo cité par Francès
dans " Motivation et efficience au travail ".
7. Jardillier, " Le développement
humain dans l'entreprise ".
BIBLIOGRAPHIE : LA MOTIVATION AU TRAVAIL
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Mardaga. 1976.
BRUNER (R.) - Le psychanalyste et l'entreprise.
Éditions Syros. 1995.
CHIFFRE (J.-.D.) & TEBOUL (J.). - La
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une équipe. Éditions ESF. 2e édition.
1990.
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Éditions Hatier. 1980.
DIEL (P.). - Psychologie de la motivation.
Petite bibliothèque Payot. 1970
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de travail. Éditions Armand Colin - collection U -
Série Psychologie. 1989.
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Éditions Quadrige / PUF. 1995.
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Éditions Nathan - collection Fac. 1995.
JARDILLIER (P.). - La psychologie du travail
Que sais-je?. 1992.
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?. Editions PUF. 1993.
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relations humaines. Éditions PUF. 1959.
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Éditions Gaëtan Morin. 1996.
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de travail. Éditions ESF. 1979.
MUCCHIELLI (R.) - Les motivations. Éditions
PUF - collection Que sais-je ? (4e éd.). 1996.
NUTTIN (J.). - Théorie de la motivation
humaine. Éditions PUF. 1980.
POITOU (J.-P.). - La dissonance cognitive.
Éditions Armand Colin - collection U. 1974.
PORCHER (L.). - Le travail en miettes / Friedmann.
Éditions Hatier. 1979.
REUCHLIN (M.). - Psychologie. Éditions
PUF. 1996.
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